Anthony, Alan, Irène et les autres....
![]() Anthony Quinn comme Zorba | « Zorba » nous conduit aux sources des grands mythes grecs, du conflit éternel entre la vie et la mort, l'amour et la haine, le désespoir et la rage de vie. Apollo et Dionysos sont éternels. Zorba appartient au dieu Dionysos qui par conséquent est également fêté dans cette œuvre-ci. Zorba porte en lui-même la sagesse infinie des homme qui sont en accord avec la nature et les traditions fondées sur le rythme et les secrets de la nature. |

« Si tout le monde était comme lui, nous aurions une autre société », dit Theodorakis.
Si à la fin (du livre de Kazantzakis, du film de Cacoyannis, du ballet de Massine et de Theodorakis) la grande réconciliation avec le destin se fait dans la danse, on ne doit pas pourtant oublier sur quoi cette réconciliation est fondée : deux êtres, deux femmes, ont dû mourir avant qu'on en arrive à l'éruption effrénée dionysiaque en eux, à cette violente extase hymnique des corps dans la danse qui devient l'expression même de l'acceptation de la vie.
« Précisément alors qu'une tragédie totale a eu lieu, Zorba a assez de force pour affronter la vie, pour continuer d'avancer et de prendre la vie comme elle est. C'est peut-être la raison, pourquoi nous sommes tellement fascinés par cette figure. » (Theodorakis)
La musique de Mikis repose sur l'élément mélodique. Elle reprend, comme il est d'usage chez celui-ci des thèmes de compositions antérieures : ce sont en particulier le ballet « Carnaval », le « Sirtos Chaniotikos », un prélude pour piano d'essence crétoise, une partie de la suite « Quartier des anges » et plusieurs de ses chansons les plus célèbres, comme « Marina », « Strosse to stroma sou », « Apo to parathiro sou » ou « O Pavlos ke o Nikolios » «, qui se retrouvent dans la nouvelle composition orchestrale de Theodorakis. S'y ajoutent de nombreux thèmes et les lignes mélodiques qu'il relie de façon rythmique précise : il n'oublie jamais de vue que « Zorba » est de la musique pour un ballet, est une musique qui doit être dansée et qui l'est.
Cette musique est en même temps le plus bel hommage du compositeur à la Crète, l'île natale de son père sur laquelle il écrit :
« Il y existe réellement, le Crétois qui postule le droit spontané et intransigeant à la liberté et pour qui la chanson, la danse, l'amour et le vin sont l'expression de son essence.
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| de gauche à droite : Alan Bates , Anthony Quinn |

L'histoire de "Zorba le grec"
Basil, jeune ecrivain anglais, part en Crete exploiter une mine dont il a herite. Il se lie d'amitie avec un exuberant sexagenaire, Alexis Zorba. Dans le village ou ils prennent pension, les malheurs et les morts s'accumulent et les deux hommes perdent l'exploitation de la mine. Il ne leur reste que la vitalite irresponsable de Zorba...
| Point fort du film, le contraste qu’opère le récit entre le taciturne britannique et le volubile grec. Anthony Quinn semble sur le point d’exploser à chaque instant, véritable cyclone de bonne humeur et de volonté désireux de goûter encore et encore à tous les plaisirs qu’offre la vie. De son côté Alan Bates se laisse peu à peu imprégner par la vitalité de son compagnon et finit par répondre aux appels répétés de l’amour. Un peu à la manière de John Huston, Cacoyannis filme avec beaucoup de respect et de retenue la naissance puis l’évolution de l’amitié entre ces deux hommes dont les conceptions de la vie vont s’affronter pour finalement se concilier l’une l’autre. Aussi habile à provoquer le rire (le voyage mouvementé en bateau) que les larmes (le sort réservé à la veuve), la joie que la colère, Cacoyannis se plait également à dévoiler par petites bribes les charmes de son actrice fétiche, la belle Irène Papas, qu’il a fait tourner dans tous ses films à ce jour. En outre, on ne peut pas non plus passer à côté du message véhiculé par le film, à savoir la condamnation d’une société rurale archaïque prostrée dans son passé (cf le très beau personnage composé par Lila Kedrova) qu’elle entretient à grand renfort de frustrations en tout genre, Cacoyannis allant jusqu’à comparer les habitants du village à des charognards rôdant autour du premier moribond qui passe. Malgré tout, la parabole de la danse comme moyen d’évacuer la douleur est là pour nous rappeler que la vie triomphe toujours. Une leçon à ne pas oublier. | ||
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