Ville de lumière

Eté
Petites rues, murs de briques roses
Derrière les persiennes closes
La chaleur de l'été ne pénétre pas.
Le soleil doucement guide mes pas
Vers l'ombre des quais de la Garonne.
Main dans l'eau, sur les bords où je vais me reposer,
La pierre des berges me servant de trône,
Je rêve doucement en contemplant l'eau couler
A ce paysage patiemment façonné
Par tous ceux qui nous ont précédés.
Daniel Maleville

Pescar
Sul còp de miègjorn l'uèlh sus boucho,
Le vin de fresc, le cuol sus l'èrba,
Quina picada ! Quina tirada !
Es un barbèl le macarèl
As pas qu'un uèlh.
Iram totis a Pinsaguèl
Pescar la sòfia e le gardel.

Toulouse
Toulouse, Toulouse,
Rose fleur d'été
Tu rendrais jalouse
Toutes les cités.
La folle Garonne
Coule en paix ce soir
Mire ta couronne
Dans son clair miroir.

Claude
Toulouse
| Qu’il est loin mon pays, qu’il est loin O moun païs, ô Toulouse, ô Toulouse | |
Je reprends l’avenue vers l’école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu cagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne
O moun païs, ô Toulouse
Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillone jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu’on se traite
Il y a de l’orage dans l’air et pourtant
L’église Saint-Sernin illumine le soir
Une fleur de corail que le soleil arrose
C’est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C’est peut-être pour ça qu’on te dit Ville Rose
Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l’Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?
Voici le Capitole, j’y arrête mes pas
Les tenors enrhumés tremblent sous leurs ventouses
J’entends encore l’écho de la voix de papa
C’était en ce temps-là mon seul chanteur de blues
Aujourd’hui, tes buildings grimpent haut
A Blagnac, tes avions sont plus beaux
Si l’un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles
O moun païs, ô Toulouse, ô Toulouse !
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Malheureusement, les toulousains souffrent encore des blessures de cette catastrophe inexpliquée pour certains, prévisible pour d'autres, aujourd'hui, n'oublieons pas leurs disparus, il a fallu reconstruire toute une vie, difficile de faire semblant de vivre quand on a plus rien, que les larmes pour pleurer, la béante cicatrice que laisse ce cataclisme, un paysage lunaire à la place...
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