Du "Fourat" jusqu'à "L'Huile"
Aujourd'hui, ma nostalgie du dimanche parce qu'il pleut comme vache, se réfère à ma mémoire pré-pubère.
Lorsque nous étions gamines, nous avons eu l'immense privilège de grandir au bord de la mer, profession parentale oblige, alors, comme toutes jeunes filles qui se respectent apprènent à nager avant de savoir parler, dès l'âge de nos premières canines, gilets de sauvetages arnachés, dans une main, le véritable et authentique accoutrement de plage, un seau rouge,une pelle et râteau bleus, superbe moule "étoile de mer", sans oublier biensur, la magnifique passoire à sable fin, qui, comme tout le monde le sait, ne sert à rien, à part énerver passablement le parent chargé de jouer la nounou pour la journée. Enfin bref ! pour terminer ma longue phrase d'introduction, je reprend après les premières canines :
Souvent les après-midi de vacances, serviette "Mickey" sur le cou, bouée "Donald" autour du bras, le grand chemin vers le port, il fallait prendre. De longues marches d'escalier à dévaller avec nos claquettes en bois, le maillot entrebaillé et encore plein du sel de la veille, le fameux "Bob"vissé sur la tête,nous étions impatientes de rejoindre la belle bleue, l'immensité que cette vaste étendue sans fin pouvait nous offrir chaque fois. Même si le parcours n'en finissait jamais, notre fatigue était vite oubliée lorsque nous arrivions, les pieds brûlés par les galets jonchant le sable chauffé à blanc, en sautillant de l'un à l'autre pour enfin se jeter dans la première vaguelette.
C'était une petite crique familiale, un endroit qui devait rester secret, un panneau "No trepassing"jalousement planté au début d'un sentier de terre battue, le rappelant. Un hameau de petites cabannes de pêcheurs, édifié à même la roche par les aïeux, un lieu de cocagne selon leurs habitants saisonniers. De part et d'autre de celui-ci, deux plages, l'une impraticable pour les baigneurs, car son fond était farci par une colonie d'oursins noirs, seuls quelques courageux pouvaient s'y aventurer, chaussés de solides bottes, pour en extraire quelques exemplaires faisant le bonheur de ces inconditionnels amateurs de fruits de mer.
C'est de l'autre côté que les joies du bronzage, monokini et ambre solaire étaient pratiquées, l'eau étant d'une extrême limpidité, à tel point, que du creux de notre serviette, l'on pouvait deviner très clairement, les bancs de sars ou de scipions ainsi que la majestueuse couleur de la Girelle ou de sa congénère la Vieille, toutes deux d'une variété de poissons de roche, car le fond n'était que grosses pierres et forêt d'algues, magnifiques cachettes où l'on pouvait, muni de son masque et tuba noirs, explorer la vie sous-marine s'offrant généreusement à nos prunelles,.
C'est en exploitant tous ces joyaux, que j'ai habitué mes poumons au perilleux exercice de l'apnée, je voulais tellement suivre la trace du rapide Gobbi et voir où il se cachait après sa longue fuite effrayé par ma gestuelle, que j'en oubliais presque de reprendre mon souffle à la surface. Avant même que mon père me l'ait appris, j'effectuais avec une extrême facilité, le plongeon "canard" et descendais un petit 5 mètres aidé par mes mini-palmes de débutante, l'eau était mon élément à cette époque, les minutes passent tellement vite en dessous, on perd la notion du temps, grisé par la diversité environnante.
Plus je m'éloignais dangereusement du rivage pour continuer ma conquêtte, meilleure était la vision car la profondeur rend l'eau plus bleue et le courant devient plus froid et plus je découvrais d'autres beautés aux reflets irisés, deux merous tachettés et une dizaine de crevettes grises s'entremellant dans une folle danse, quelques taches noires clairsemées ça et là, des ombres furtives me frôlant de temps en temps, l'insouciance de la jeunesse, braver le danger envers et contre tout, tout ceci me faisait rêver. Ce n'était que lorsque je n'entendais plus aucun bruits et les galets roulants sous le poids des vagues que je décidais de regagner ma plage avec mon petit crowl brasses coulées. Sans le savoir, je venais de passer une heure ou deux dans les abysses, mon corps était aussi plissé que le pliage d'un éventail, alors je m'écoulais sur le sable très chaud, le souffle coupé pour l'avoir trop solicité, là et seulement là, sur cette plage, le coeur dans les oreilles, je m'abandonnais pour quelques minutes à peine, juste avant de prendre ma soeur par la main pour lui enseigner l'art de chasser le crabe gris en soulevant quelques pierres, ou de ramasser les savoureuses arapèdes ou chapeaux chinois, quelques vieux coquillages représentant pour elle un joli petit trésor, et en fin de journée, quand le soleil commençait à se coucher derrière la montagne, on rassemblait de gros galets plats et on se construisait des cabannes fortifiées,on jouait au Capitaine Crochet, on se mouillait et on se roulait dans le sable au grand dam de notre mère qui venait tout juste de plier serviettes et matelas en rotin, mais ce n'était que de courte durée, elle savait que ce que nous vivions à ces moments là valllait tout l'or du monde.
Lorsque nous étions gamines, nous avons eu l'immense privilège de grandir au bord de la mer, profession parentale oblige, alors, comme toutes jeunes filles qui se respectent apprènent à nager avant de savoir parler, dès l'âge de nos premières canines, gilets de sauvetages arnachés, dans une main, le véritable et authentique accoutrement de plage, un seau rouge,une pelle et râteau bleus, superbe moule "étoile de mer", sans oublier biensur, la magnifique passoire à sable fin, qui, comme tout le monde le sait, ne sert à rien, à part énerver passablement le parent chargé de jouer la nounou pour la journée. Enfin bref ! pour terminer ma longue phrase d'introduction, je reprend après les premières canines :
Souvent les après-midi de vacances, serviette "Mickey" sur le cou, bouée "Donald" autour du bras, le grand chemin vers le port, il fallait prendre. De longues marches d'escalier à dévaller avec nos claquettes en bois, le maillot entrebaillé et encore plein du sel de la veille, le fameux "Bob"vissé sur la tête,nous étions impatientes de rejoindre la belle bleue, l'immensité que cette vaste étendue sans fin pouvait nous offrir chaque fois. Même si le parcours n'en finissait jamais, notre fatigue était vite oubliée lorsque nous arrivions, les pieds brûlés par les galets jonchant le sable chauffé à blanc, en sautillant de l'un à l'autre pour enfin se jeter dans la première vaguelette.
C'était une petite crique familiale, un endroit qui devait rester secret, un panneau "No trepassing"jalousement planté au début d'un sentier de terre battue, le rappelant. Un hameau de petites cabannes de pêcheurs, édifié à même la roche par les aïeux, un lieu de cocagne selon leurs habitants saisonniers. De part et d'autre de celui-ci, deux plages, l'une impraticable pour les baigneurs, car son fond était farci par une colonie d'oursins noirs, seuls quelques courageux pouvaient s'y aventurer, chaussés de solides bottes, pour en extraire quelques exemplaires faisant le bonheur de ces inconditionnels amateurs de fruits de mer.
C'est de l'autre côté que les joies du bronzage, monokini et ambre solaire étaient pratiquées, l'eau étant d'une extrême limpidité, à tel point, que du creux de notre serviette, l'on pouvait deviner très clairement, les bancs de sars ou de scipions ainsi que la majestueuse couleur de la Girelle ou de sa congénère la Vieille, toutes deux d'une variété de poissons de roche, car le fond n'était que grosses pierres et forêt d'algues, magnifiques cachettes où l'on pouvait, muni de son masque et tuba noirs, explorer la vie sous-marine s'offrant généreusement à nos prunelles,.
C'est en exploitant tous ces joyaux, que j'ai habitué mes poumons au perilleux exercice de l'apnée, je voulais tellement suivre la trace du rapide Gobbi et voir où il se cachait après sa longue fuite effrayé par ma gestuelle, que j'en oubliais presque de reprendre mon souffle à la surface. Avant même que mon père me l'ait appris, j'effectuais avec une extrême facilité, le plongeon "canard" et descendais un petit 5 mètres aidé par mes mini-palmes de débutante, l'eau était mon élément à cette époque, les minutes passent tellement vite en dessous, on perd la notion du temps, grisé par la diversité environnante.
Plus je m'éloignais dangereusement du rivage pour continuer ma conquêtte, meilleure était la vision car la profondeur rend l'eau plus bleue et le courant devient plus froid et plus je découvrais d'autres beautés aux reflets irisés, deux merous tachettés et une dizaine de crevettes grises s'entremellant dans une folle danse, quelques taches noires clairsemées ça et là, des ombres furtives me frôlant de temps en temps, l'insouciance de la jeunesse, braver le danger envers et contre tout, tout ceci me faisait rêver. Ce n'était que lorsque je n'entendais plus aucun bruits et les galets roulants sous le poids des vagues que je décidais de regagner ma plage avec mon petit crowl brasses coulées. Sans le savoir, je venais de passer une heure ou deux dans les abysses, mon corps était aussi plissé que le pliage d'un éventail, alors je m'écoulais sur le sable très chaud, le souffle coupé pour l'avoir trop solicité, là et seulement là, sur cette plage, le coeur dans les oreilles, je m'abandonnais pour quelques minutes à peine, juste avant de prendre ma soeur par la main pour lui enseigner l'art de chasser le crabe gris en soulevant quelques pierres, ou de ramasser les savoureuses arapèdes ou chapeaux chinois, quelques vieux coquillages représentant pour elle un joli petit trésor, et en fin de journée, quand le soleil commençait à se coucher derrière la montagne, on rassemblait de gros galets plats et on se construisait des cabannes fortifiées,on jouait au Capitaine Crochet, on se mouillait et on se roulait dans le sable au grand dam de notre mère qui venait tout juste de plier serviettes et matelas en rotin, mais ce n'était que de courte durée, elle savait que ce que nous vivions à ces moments là valllait tout l'or du monde.
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